Les planètes sont parfaitement alignées, la stratégie est imparable. Macron n’a plus qu’à tenir son rang, attendre sans trop en dire, élargir au maximum le spectre de son électorat tout en jouant la carte de la neutralité et du renouveau. Aucune fausse note, (presque) aucun dérapage. Un programme social-libéral « léger », dévoilé tardivement, de peur qu’il ne clive, de peur qu’il ne divise. Macron devient en quelques semaines le candidat « du moins pire ». Le choix négatif d’une France coupée en deux, tiraillée par le vote utile, plus résignée que convaincue.
Le jeune homme aura mené la campagne parfaite, soutenu par d’incroyables coups du sort. Au soir du premier tour, les jeux sont déjà faits. La stratégie ultra-agressive de Marine Le Pen lors du débat n’y changera rien : Macron garde son calme, esquive les invectives. La victoire est proche.
Ce dimanche 7 mai, Emmanuel Macron est devenu à 39 ans le plus jeune président de la République française, recueillant plus de 66% des suffrages. L’Histoire oubliera l’abstention record et le nombre de votes blancs inédit. L’Histoire retiendra l’ambition. La jeunesse. « L’histoire d’un mec » qui a mis à ses pieds l’ensemble de la classe politique française, sans trembler.
Chapeau bas, Monsieur le Président.
Thibaud Rullier,
Rédacteur en Chef de l’HEConomist.
